Vous portez un projet de création d’activité ?

Vous hésitez. « Est-ce raisonnable de se lancer dans l’aventure de la création d’entreprise de nos jours ? ». « Ne vais-je pas me sentir seul ? ».  «  Comment limiter les risques que je vais prendre ? ». Ces questions, vous vous les posez certainement.

Des solutions alternatives à la création d’entreprise existent et ont fait leurs preuves.  Elles vous offrent la possibilité de développer votre projet dans un environnement sécurisant en vous concentrant sur votre métier. Et cela représente des avantages certains. Savoir s’entourer, n’est-ce pas une aptitude essentielle à tout entrepreneur ?

 

Quand entrepreneuriat se conjugue avec mutualisation

De nouvelles formes d’entrepreneuriat ont commencé à émerger dès le début des années 2000. Elles permettent aux porteurs de projet de tester et de développer leur activité dans un cadre collectif et porteur de sens. Ces solutions alternatives à la création d’entreprise gagnent à être connues, évitant à un certain nombre de créateurs de s’orienter par défaut ou à la va-vite sur la création d’une entreprise ou vers le désormais controversé statut d’auto-entrepreneur. Elles permettent aux entrepreneurs accompagnés de tester leur activité tout en limitant les risques et en bénéficiant d’un accompagnement à la fois individuel et collectif. Ainsi, bien entourés et sécurisés, déchargés des aspects administratifs et comptables, ils peuvent se concentrer sur leur cœur de métier et sur le développement commercial de leur activité.

 

Issues du monde de l’Economie Sociale et Solidaire, on retrouve les couveuses d’activité et les Coopératives d’Activités et d’Emploi, qui promeuvent un entrepreneuriat individuel inscrit au sein d’une démarche collective et coopérative. Elles se distinguent des sociétés de portage salarial, dont la vocation principale est de fournir un cadre légal à des entrepreneurs individuels.

 

 

Différentes alternatives à la création d’entreprise

Les sociétés de portage salarial

Reconnues par la loi de modernisation du marché du travail du 25 juin 2008, elles proposent un hébergement juridique et jouent un rôle d’intermédiaire économique, en établissant une relation triangulaire avec le client et le consultant salarié. Ce dernier bénéficie d’un support administratif et comptable et peut se concentrer sur son activité.

L’accord signé le 24 juin 2010 entre la fédération de l’intérim (Prisme) et les syndicats de portage salarial définit que les salariés portés doivent bénéficier d’un statut cadre et doivent percevoir une rémunération minimale de 2900 euros mensuels pour un emploi à temps plein. Cet accord paritaire, en application depuis l’arrêté du 24 mai 2013, encadre désormais l’activité de portage social.

 

Les coopératives d’activités

Elles offrent une alternative originale à la création d’entreprise. Le porteur de projet peut tester, développer et pérenniser son activité, en autonomie, dans un cadre salarié et coopératif.

Au-delà de l’hébergement juridique et administratif, les coopératives d’activités et d’emploi proposent un accompagnement transversal sur les dimensions commerciale, financière et juridique du projet, dans le cadre d’un suivi individualisé et d’une dynamique collective. Ainsi, les entrepreneurs suivent des formations, échangent, développent des synergies et opportunités avec d’autres entrepreneurs au travers de groupes métiers et de rencontres régulières organisés par les CAE.

Les entrepreneurs, après une période de test dans le cadre d’un Contrat d’Appui au Projet d’Entreprise (CAPE1), peuvent choisir de créer leur entreprise ou de devenir entrepreneurs-salariés, titulaires d’un contrat de travail à durée indéterminée. Leur salaire est alors calculé sur la base de leur chiffre d’affaires. Les coopératives d’activités et d’emploi ont un statut de SCOP2 ou de SCIC3. Les entrepreneurs ont la possibilité de devenir associé et de participer ainsi aux orientations stratégiques de leur coopérative. Les grandes décisions se prennent sur la base « une personne = une voix », une fois par an a minima, dans le cadre des assemblées d’associés. Une partie des résultats est affectée au développement de la coopérative et des services apportés aux entrepreneurs. Différents outils, tels qu’un accord d’intéressement et de participation, existent.

 

Les couveuses

Une couveuse permet de tester son projet d’activité en grandeur réelle tout en bénéficiant d’un accompagnement à la fois individuel et collectif. A l’issue de la phase de test en CAPE1, le porteur de projet décide s’il souhaite créer son entreprise.

 

Une réponse crédible au développement d’une activité économique

La crise économique perdure, ses répercussions sur le marché de l’emploi sont indéniables et entraînent de profondes mutations du travail. De plus en plus souvent, la création d’activité devient une véritable alternative  économique. Les couveuses, les coopératives d’activités et d’emploi et les sociétés de portage permettent à ces entrepreneurs d’un nouveau genre de tester l’opportunité de créer leur propre emploi de manière sécurisée. D’une manière générale, la demande pour entreprendre autrement, dans un cadre collectif et solidaire, va croissante. Ces structures offrent donc une alternative pertinente au parcours classique de création d’entreprise. C’est une solution qui a de l’avenir !

 

Emilie TRIMAILLE

Chargée de mission au sein de la Coopérative d’Activités et d’Emploi Elycoop

 

 

1Le Contrat d’Appui au Projet d’Entreprise :

Le CAPE, instauré par la loi du 1er août 2003 pour l’initiative économique, est entré en vigueur suite à la parution  du décret n° 2005-505 du 19 mai 2005. C’est un contrat par lequel une structure s’engage à fournir un accompagnement au démarrage d’activité à un porteur de projet, non salarié à temps complet. Il est destiné à favoriser la création d’activité économique en offrant un cadre juridique intermédiaire, préalable à la création d’une entreprise. D’une durée maximale de 12 mois, il peut être renouvelé deux fois.

2SCOP : Société Coopérative et Participative

3SCIC : Société Coopérative d’Intérêt Collectif

 

 

Pour en savoir plus :

Sociétés de portage salarial Fédération Nationale des Entreprises du Portage   Salarial (www.fenps.fr)

Syndicat National des Entreprises du Portage   Salarial (www.portagesalarial.org)

Union Régionale des Entreprises de Portage Spécialisées   (www.uneps.org )

 

Coopératives d’Activités et d’Emploi COPEA (www.copea.fr)

Coopérer pour entreprendre (www.cooperer.coop)

 

Couveuses www.uniondescouveuses.com

 

D’autres dispositifs pour faciliter le lancement de votre entreprise

Les pépinières d’entreprises

Elles s’adressent à des entreprises récemment créées. Ces dernières bénéficient de locaux, d’un accompagnement et de services mutualisés (internet, réception du courrier, photocopieuse, salle de réunion partagée…).

Les incubateurs

Ils offrent un accompagnement et l’aide à la recherche de financements à des porteurs de projet technologiques et scientifiques innovants, avant création d’entreprise.